• Maëlle Nagot

Contes de la chapelle perchée

La chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe porte bien son nom ! Édifié au sommet d'un piton volcanique, ce monument médiéval bien connu des Auvergnats semble défier les lois de la gravité. Une atmosphère propice aux mythes et légendes...




Un rocher vieux de 2 millions d'années


Cet immense rocher est en fait l'ancienne cheminée d'un volcan. Cependant, c''est seulement en 1963, date de l'éruption du volcan Surtsey en Islande, que les géologues sont parvenus à expliquer sa forme.


Le bassin du Puy était à l'origine un vaste lac, sous la surface duquel, périodiquement, avaient lieu des éruptions volcaniques de faible intensité. La rencontre de la lave pulvérisée avec l'eau a engendré des agrégats qui, une fois solidifiés, se sont soudés les uns aux autres pour former ce piton.



La chapelle des braves


Au Xe siècle, le doyen de l'église du Puy décide d'ériger une chapelle au sommet du rocher d'Aiguilhe, conscient qu'elle ne sera accessible qu'aux hommes d'une grande agilité. Avec la permission de l'évêque Godescalc, célèbre pour avoir inauguré le chemin de pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle vers 950, il fait aménager une voie d'accès afin d'élever une église dédiée à Saint-Michel. Celle-ci est consacrée en l'an 961.


Il faut escalader 268 marches pour atteindre le sommet du pic, qui culmine à 82 mètres.



Une histoire mouvementée


Initialement érigée sous la forme d'un oratoire (entendre : une petite chapelle) correspondant au chœur actuel, la chapelle est agrandie au XIIe siècle afin d'accueillir un flux grandissant de pèlerins.


Tantôt malmenée par les éléments – la foudre frappe le clocher en 1247 –, tantôt victime des guerres de religion – la statue de Saint-Michel est détruite par des protestants en 1562 –, la chapelle constitue aujourd'hui un exemple rare d'architecture de style préroman.


Ces peintures murales ont été restaurées par le peintre et archéologue Anatole Dauvergne.



Les fresques murales, couvertes de badigeon et devenues quasi illisibles, sont restaurées sur ordre de Prosper Mérimée en 1851 (cette chapelle est loin d'être le seul monument sauvé par l'action de Mérimée : pour en savoir plus, cliquez ici).


En 1955, à l'occasion de la restauration de l'autel, de précieuses reliques sont mises au jour : un Christ roman en bois d’olivier, une croix pectorale en argent, une urne reliquaire, ainsi que des tissus et un coffret en ivoire.



Le « saut de la pucelle »


Une église plantée au sommet d'un rocher volcanique engendre naturellement de curieuses légendes... On raconte que Saint-Michel, prince des archanges, épargna par deux fois la vie d'une jeune fille accusée de mœurs dépravées, que l'on avait jetée du haut du piton. Désireuse de prouver sa pureté par un troisième miracle, elle sauta une nouvelle fois et y trouva la mort.






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